Un joyau naturel à préserver

La réserve naturelle de Scandola est le premier site de France dédié à la préservation du patrimoine naturel à la fois terrestre et marin.

L’état de conservation de ce site qui date de plus de 30 années est unique en son genre.

Véritable vitrine géologique, le site de Scandola correspond à la partie émergée d’un ancien complexe volcanique partiellement effondré en mer.

On y trouve une grande diversité de roches volcaniques ainsi que des formations liées aux éruptions : lahars, pyroclastites, orgues rhyolitiques…

Un espace géologique remarquable

Créée le 9 décembre 1975, Scandola a été la première Réserve de France à double vocation : marine et terrestre. 

Sa superficie est de 900 ha sur terre et de 1000 ha marins. 

Cette presqu’île d’origine volcanique ferme au nord le Golfe de Porto, premier site naturel français figurant sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. 

Le site est avant tout remarquable par sa géologie. Il occupe la presqu’île de Scandola, impressionnant massif de porphyre aux formes tourmentées. Sa végétation est un remarquable exemple de maquis.

Une multitude d’espèces

La vie sur terre…

Sur terre, les oiseaux sont les rois incontestés de la réserve.

Ainsi, on y retrouve de belles colonies de goélands argentés installées sur les îlots, mais aussi, des couples de cormorans de Desmaret qui se reproduisent dans les falaises.

De même, les pitons hauts et inaccessibles servent, eux, de refuge aux couples de balbuzards pêcheurs et de faucons pèlerins.

Dans le maquis, on trouve merles bleus et fauvettes méditerranéennes.

Parfois, l’aigle royal et le gypaète barbu s’y aventurent, attirés par les quelques chèvres sauvages et par les poussins de goéland.

D’autres familles d’animaux peuplent également la réserve : mammifères, rongeurs, reptiles et amphibiens, tous se partagent ce site exceptionnel, à l’abri des hommes.

De nombreuses espèces végétales endémiques propres à la Corse et à la Sardaigne s’y rencontrent depuis le bord de mer jusqu’au sommet de la réserve, le Capo Purcile, à 560 mètres.

Réserve de Scandola

Une multitude d’espèces

…et en mer

Ses eaux transparentes, aux îlots et aux grottes inaccessibles, abritent une riche vie marine.

On y recense plus de 450 espèces d’algues. Pour certaines, la Corse constitue la seule zone de prédilection méditerranéenne.

Côté vertébrés, l’abondance est remarquable, 125 espèces ont été inventoriées, en particulier pour celles devenues rares dans la Grande Bleue : le mérou (ou Epinephelus marginatus), la badêche (Epinephelus alexandrinus), le denti (Dentex dente).

L’oursin comestible et le noir affectionnent respectivement algues molles et algues calcaires. On y trouve aussi une patelle bleue, des bancs de saupes, des rougets, des oblades.

A l’étage infralittoral, le plus propice à la vie du milieu marin, les changements de températures et les variations salines sont modérés. La vie s’y développe harmonieusement.

Rien n’entrave la photosynthèse des végétaux et animaux, ils y trouvent leur nourriture et la chaîne alimentaire, aussi complexe soit-elle, peut s’établir.

Bien plus bas, à partir de trente mètres de profondeur, c’est l’étage circalittoral. S’y déploie le coralligène, l’un des plus extraordinaires paysage de la Méditerranée.

Les corniches et les draperies minérales se couvrent de gorgones. Puis c’est le tour du corail rouge, des éponges, des ascidies et d’une algue verte répondant au nom d’Halimeda tuna.

Son poisson-roi, le mérou, apparaît dans la pénombre avec les langoustes et le barbier.

Refuge des espèces protégées, c’est l’un des derniers sites qui abrite la Patelle Ferrugineuse. Espèce en voie de disparition sur le littoral Méditerranéen elle est classée espèce protégée au même titre que la grande cigale, l’oursin diadème et la grande nacre, toutes présentes dans la réserve.

Cette réserve naturelle exceptionnelle est soumise à une réglementation très stricte.

Le Patrimoine mondial de l’Humanité en Corse 

En Corse, un seul site est inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Humanité de l’UNESCO : le Golfe de Porto. Il a été le premier site naturel inscrit en France. L’ensemble classé en 1983 comprend : la Réserve Naturelle de Scandola, le Golfe de Girolata et les Calanche de Piana. 

Le site a été choisi pour ses particularités géologiques exceptionnelles, mais également pour la richesse de sa biodiversité. Il a été classé sur les critères naturels VII, VIII et X établis par L’UNESCO.

 

Critère de nature exceptionnelle

VII. représenter des phénomènes naturels ou des aires d’une beauté naturelle et d’une importance esthétique exceptionnelles.

La richesse des formations d’algales est incomparable sur le site de Scandola, en raison du caractère tourmenté des fonds rocheux qui offrent une très grande diversité écologique à leur implantation.

Il est le milieu littoral méditerranéen par excellence notamment pour :

  • Ses « trottoirs » d’algues calcaires dont celui de Punta Palazzu est l’un des deux « trottoirs » les plus importants de Méditerranée ;

  • Son herbier de Posidonies, témoin de la limpidité des eaux sous-jacentes, qui s’est développé jusqu’à 35 m de profondeur ;

  • Ses « Coralligènes » qui sont des spectaculaires édifices concrétionnés qui s’étendent jusqu’au rebord du plateau continental ;

L’ensemble apparaissant comme un site référence pour la qualité de son équilibre naturel.

trottoirs réserve Scandola
réserve naturelle scandola

Critère de représentativité géologique 

VIII. être des exemples éminents représentatifs des grands stades de l’histoire de la Terre, y compris le témoignage de la vie, de processus géologiques en cours dans e développement des formes terrestres ou d’éléments géomorphiques ou physiographiques ayant une grande signification.

L’architecture générale du site est formée par les trois énormes avancées de la montagne dans la mer que sont la péninsule d’Elbo, le Capo Senino et le Capo Rosso. Seule la vallée du fleuve Porto ménage une étroite échappée vers la montagne.

La grande diversité géologique des roches, l’originalité de leur mise en place, leur différence de résistance vis-à-vis de l’érosion ont donné naissance à des formations géologiques spectaculaires :

  • Immenses falaises de porphyre rouge et d’hyalite burinée par les tempêtes

  • Colonnades d’orgues basaltiques surgissant de la mer

  • Tourelles et chaos de granulite rouge forment des sculptures minérales exceptionnelles à plus de 400 m d’altitude dans les Calanche de Piana

La grandeur sauvage alliée à la puissance de la géomorphologie, de la végétation et de la luminosité fait du site un lieu féérique.

Critère  de biodiversité

X. contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique, y compris ceux où survivent des espèces menacées ayant une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation.

Les formations d’algales d’une très grande richesse fondent l’élément floristique le plus remarquable. Le milieu marin de la réserve (un millier d’hectares environ) illustre d’une manière complète et très représentative, à l’état d’équilibre relictuel, l’étagement des formes vivantes en Méditerranée.

Sur le milieu terrestre, l’élément faunistique le plus spectaculaire est l’avifaune avec :

  • Ses belles colonies de goélands argentés installés sur les îles ;

  • Ses quelques dizaines de cormorans Desmaret qui viennent se reproduire dans les falaises ;

  • Ses balbuzards pêcheurs installés sur les pitons rocheux. Aujourd’hui, seuls deux autres sites en Méditerranée sont les refuges de ces rapaces très menacés ;

  • Ses faucons pèlerins

  • Ses aigles royaux qui viennent parfois s’y nourrir au détriment des petits goélands argentés.

La réserve naturelle de Scandola est assez étendue et contient les éléments d’habitats indispensables à la survie des principales espèces.

La protection, la gestion, l’authenticité et l’intégrité des biens sont également des considérations importantes.

cormoran